B - Les Parhélies

 Les parhélies sont aussi une sorte de mirage. Parhélies vient du grec παρά (para) qui signifie auprès et de ἥλιος (hélios) qui signifie soleil. Le phénomène est très simple, la lumière subit une réfraction à travers les cristaux de glace en suspension dans l'atmosphère. Les conditions pour pouvoir voir des parhélies sont très précises: le temps doit être hivernal et le soleil doit se trouver à moins de 60° 45' de hauteur dans le ciel. C'est pourquoi ce phénomène est plus courant dans les régions polaires, là où le soleil est plutôt bas et les nuages chargés de cristaux. Si le temps est calme, on verra apparaitre deux petites images du soleil de part et d'autre de celui-ci, à 22°pour le petit halo, et à 46° pour le grand halo. Ces deux images sont placées sur un cercle parhélique qui peut être plus ou moins apparent. Ici on voit une parhélie très complète avec le cercle parhélique et les deux images plus lumineuse de chaque côté:

Cela est du à la réfraction de la lumière dans les cristaux de glace, assimilables à de petits prismes. La réfraction de la lumière se fait comme dans l'arc-en-ciel en suivant le spectre. Ainsi, le rouge se trouvera plus près du soleil, son indice de réfraction étant plus faible et le violet plus éloigné, son indice de réfraction étant plus élevé (voir III. B - L'arc-en-ciel). Mais les couleurs sont diffuses et souvent difficilement observables. Ce qui caractérise les parhélies sont l'apparition d'une queue blanche après le rouge sur le spectre. Plus cette queue blanche est lumineuse, plus elle est assimilable à un autre soleil. 

Les cristaux en suspension sont assimilables à des prismes allongés, ou à des hexagones ou même à des étoiles à 6 branches aplaties. Ils sont tous orientés de la même façon en formant un nuage de prismes qui reflètent et réfractent la lumière du soleil. Lorsque celle-ci entre dans des cristaux hexagonaux, l'indice de réfraction de la glace étant 1.31, le petit halo se positionne à environ 22°. Le grand halo est du à la réfraction dans les cristaux rectangulaires, il se place à environ 46°. 

Ce phénomène peut être considéré comme un mythe car depuis l'antiquité il fasciné les hommes. On a recueilli beaucoup de témoignages qui parlent d'eux mêmes:

« Enfin deux soleils, comme j'ai entendu dire à mon père qu'il en parut sous le consulat de Tuditanus et d'Aquilius, la même année que s'éteignit un autre soleil, j'entends Scipion l'Africain; tout cela, dis-je, a épouvanté les hommes. »
Cicéron, -44

« Les anciens ont observé plusieurs fois trois soleils »

Pline l'ancien, 80

Ou alors, de nombreux poètes ont écrit sur ce phénomène fascinant:

«J'ai vu trois soleils briller au ciel, Je les ai longuement contemplés,
Et eux se tenaient là obstinément, Comme s' ils ne voulaient pas me quitter.»
Franz Schubert, "Les Soleils"

 

« Ainsi quand le Soleil fait naître un parhélie,

La splendeur qu'il lui prête à la sienne s'allie ;

Leur hauteur est égale, et leur éclat pareil;

Nous voyons deux soleils qui ne sont qu'un soleil; »

Corneille

Ou comme ce tableau du suédois Mats Halldin, Vädersoltavlan, du XVII° siècle, relatant une parhélie de 1535:

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